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LEGENDISSIME
L'actualité foot Paris & IDF

Pourquoi les milliardaires rachètent des clubs de football ?

par Johann Macq

L'essentiel

    • Visibilité et influence : posséder un club permet aux milliardaires de renforcer leur image, leur marque et leur soft power à l’échelle mondiale.

    • Investissement stratégique : les clubs offrent des revenus diversifiés et un accès à des réseaux d’affaires exclusifs, tout en constituant des actifs valorisables.

    • Motivations personnelles : la passion pour le football, l’attachement à leur ville et le prestige social peuvent constituer des motivations réelles pour les milliardaires.

Sommaire

L’actualité récente met en lumière un phénomène de plus en plus ordinaire : le rachat du Paris FC par la famille Arnault (LVMH) ou l’investissement de Xavier Niel à Créteil. C’est une évidence, le football attire les plus grandes fortunes. Mais pourquoi ces puissants mettent-ils des millions dans ce secteur volatile ? LEGENDISSIME décrypte.

Le football, un puissant levier de soft power et d’influence

Le football représente bien plus qu’un simple divertissement. 

Le football professionnel s’impose comme un levier de communication redoutablement efficace pour les acteurs dominants du capitalisme en raison de sa capacité à capter une audience mondiale, à mobiliser des émotions puissantes et à structurer des récits collectifs largement partagés. 

Des riches dans un stade
Photo réalitée avec l'IA

Pour un milliardaire, posséder un club offre une visibilité immédiate et une légitimité internationale. Un outil de soft power redoutable pour polir une image ou imposer une marque.

Sport populaire par excellence, le football offre aux grandes fortunes, aux multinationales et aux États investisseurs une visibilité continue et positive, en associant leur image à des valeurs de réussite, de performance et de prestige. La spectacularisation des transferts records, des salaires exorbitants et des clubs détenus par des milliardaires contribue à banaliser des inégalités économiques pourtant extrêmes, intégrées au spectacle comme des éléments ordinaires du jeu.

Pourtant présenté comme un divertissement consensuel et largement dépolitisé, le football à l’heure des joueurs millionnaires permet surtout de détourner l’attention des controverses sociales, économiques ou géopolitiques, tout en diffusant, de manière diffuse mais efficace, les logiques de concurrence, de hiérarchie et de domination qui structurent le capitalisme contemporain.

Rayonnement international et image de marque

Utiliser le football comme vitrine n’est pas nouveau. En France, Jean-Luc Lagardère fut un pionnier dans les années 1980 en transformant le Racing Club de Paris en Matra Racing. Il cherchait à associer le nom de son groupe industriel à l’équipe pour créer une synergie entre performance sportive et technologique. Ce modèle consistant à apposer un nom d’entreprise sur un club a fait école.

Aujourd’hui, cette logique atteint des sommets. Quand Ineos et Jim Ratcliffe investissent dans le sport (propriétaire de l’OGC Nice, actionnaire d’une écurie en Formule 1, possède une équipe cycliste qui participe au Tour de France etc.), l’objectif est clair : utiliser la résonance de ces compétitions pour exposer la marque à des millions de téléspectateurs. 

Le club ou l’événement sportif deviennent un vecteur publicitaire vivant, permettant de bénéficier de son capital émotionnel et de sa base de fans passionnés.

Réseaux d’affaires et opportunités stratégiques

Les loges VIP des stades européens, les nouveaux salons d’affaires de l’élite mondiale ? Et oui, posséder un club offre un accès exclusif aux décideurs politiques et chefs d’entreprise.

Pour un investisseur étranger, racheter un club emblématique en France ou en Premier League constitue une porte d’entrée stratégique pour développer d’autres activités. C’est un facilitateur commercial de premier plan. 

Ce n’est un secret pour personne : les soirs de Ligue des Champions, des contrats d’infrastructure et des partenariats stratégiques se négocient dans l’ombre. 

Le retour sur investissement se mesure ici en opportunités collatérales générées par ce statut de propriétaire. Un peu comme posséder un média (Xavier Niel est le propriétaire du Monde) ?

Entre passion et prestige : les motivations personnelles des propriétaires

Si la raison économique est souvent citée, la dimension psychologique et plus personnelle reste cruciale. Les ultra-riches restent guidés par des émotions profondes ou un besoin de reconnaissance. Le football offre l’adrénaline de la compétition et l’adulation des foules que l’argent seul ne peut acheter.

L’amour du jeu et l’ancrage local

L’argument du « mécène local » revient fréquemment dans les discours. Xavier Niel illustre parfaitement cette tendance avec son investissement dans l’US Créteil-Lusitanos. Il a formulé le désir d’investir son argent dans la ville où il a grandi, présentant ce geste comme un authentique retour aux sources.

Est-ce vraiment la raison principale ? Ce récit constitue un puissant levier de communication qui humanise le milliardaire. Pourtant, la logique entrepreneuriale persiste en filigrane. Soutenir le club de son enfance permet de renforcer son image de « capitaine d’industrie patriote ». Une philanthropie stratégique où l’émotionnel sert à consolider une influence locale ou plus nationale durable.

Comme l’indique Henri Philippe, auteur de “Créer de la valeur dans le football” :

« On peut aussi, comme François Pinault avec le Stade Rennais, vouloir soutenir un club de manière hédoniste. Et non pour en tirer une rentabilité. L’aspect financier n’est, en l’occurrence, pas le premier sujet. »

Le statut social et la quête de reconnaissance

Posséder un club confère un statut social unique et une célébrité que les affaires traditionnelles ne garantissent pas. Pour certains oligarques, c’est un accélérateur de notoriété fulgurant. 

Être le président qui soulève le trophée peut offrir une validation publique et une place dans l’histoire du sport. Pour certains dirigeants, c’est une quête d’immortalité symbolique, une manière d’affirmer leur puissance à travers la performance de leurs joueurs. Dans ces cas-là, l’équipe devient l’ultime jouet pour celui qui a déjà tout : une armée de gladiateurs modernes se battant pour ses couleurs. Toutefois, une telle lecture est sans doute réductrice. Il faut rappeler que certains propriétaires s’inscrivent aussi dans un projet collectif, voire dans une passion sincère du sport.

La dimension économique : un investissement stratégique et potentiellement lucratif

Le football est devenu une véritable classe d’actifs attirant des fonds d’investissement majeurs (private equity). Le Red Star en a déjà fait les frais avec 777 Partners. La logique financière s’est déplacée vers la valorisation des actifs plutôt que vers la rentabilité immédiate.

Modèles de revenus et croissance des actifs

Gagner de l’argent via l’exploitation annuelle d’un club est quelque chose de rare dans l’univers du football. La majorité des clubs européens sont déficitaires au niveau opérationnel. 

Les charges astronomiques, comme le salaire d’une star telle que Mbappé ou Neymar, absorbent généralement l’intégralité des revenus.

« C’est possible de gagner de l'argent dans le football. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sera très compliqué si vous cherchez à gagner sur le plan sportif. Car, comme pour le bon vieux principe de la course à l’armement entre les États-Unis et l’URSS, c’est extrêmement coûteux, car sans fin. Si vous voulez vous battre face aux clubs qui participent à la Ligue des champions, vous serez face à des actionnaires qui ont des poches profondes et qui n’ont pas investi pour gagner de l’argent mais pour exister sur la scène internationale. C’est dangereux. »

Malgré tout, les propriétaires tentent de diversifier les sources : merchandising global, exploitation du stade toute l’année (le mieux est donc d’être propriétaire du stade) pour des événements variés. Cependant, l’équilibre reste précaire. Le « trading de joueurs » demeure aléatoire et risqué. Le profit immédiat n’est donc généralement pas le moteur principal de l’acquisition.

Potentiel de valorisation et de revente

Le gain réel réside dans la plus-value spectaculaire à la revente. La valeur des franchises a littéralement explosé ces dernières décennies. La rareté des clubs « premium » (comme le Real Madrid ou le PSG) fait grimper mécaniquement les enchères.

L’exemple de Chelsea en 2022 reste frappant : racheté environ 140 millions de livres en 2003, il a été revendu pour 5 milliards d’euros, un record.

Conclusion : une convergence d’intérêts multiples

Le rachat de clubs par des figures du football milliardaire répond à une équation complexe mêlant ego, géopolitique et spéculation. Au même titre que les milliardaires achètent des médias pour peser sur les décisions économiques et l’opinion publique, le rapprochement avec le rachat de clubs s’avère évident.

C’est un instrument de soft power moderne particulièrement efficace. Posséder un club, c’est posséder une part de l’imaginaire collectif et des émotions populaires. Le football est devenu le terrain de jeu privilégié de l’hyper-classe, parfois totalement déconnecté de la réalité du fan ordinaire.

Questions fréquentes

Quel footballeur est milliardaire ?

Le premier footballeur à avoir franchi le cap du milliard de dollars de gains en carrière est Cristiano Ronaldo, selon Forbes.

Sa fortune colossale provient de ses contrats exceptionnels (Real Madrid, Juventus, Manchester United, Al-Nassr en Arabie saoudite) et de son empire commercial (Nike, marque « CR7 »).

Le cercle des sportifs milliardaires reste très restreint. Outre Ronaldo et même Messi, on retrouve quelques légendes. Michael Jordan a bâti une fortune estimée à plus de 3,8 milliards de dollars toujours selon Forbes, principalement grâce au succès mondial de la marque Jordan et à la revente de la franchise des Charlotte Hornets, tandis que Tiger Woods a amassé plus de 1,7 milliard de dollars au cours de sa carrière, bien au-delà de ses seuls gains sportifs. LeBron James, de son côté, est devenu milliardaire encore en activité, porté par une stratégie d’investissements particulièrement rentable et une participation dans de nombreuses sociétés. Cas plus atypique, Mathieu Flamini n’a pas fait fortune grâce à ses revenus de joueur, mais par la co-création de l’entreprise GF Biochemicals : une réussite entrepreneuriale qui le place aujourd’hui, sur le plan financier, au-dessus de nombreuses stars du football.

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